Pas loin de Luc en Diois, le 23 janvier.


Voilà maintenant un bon moment que vous n’avez pas eu de nos nouvelles, j’ai même eu des messages s’inquiétant

Yaouuuuuh! on reprend enfin du service!

de notre situation … Merci pour ces attentions, je me sens accompagné et … mmmmm que c’est bon! Tous les trois nous allons bien même si j’envie parfois la douceur d’un bon feu de cheminée douillettement installé dans une bonne maison bien à moi. Mon moral a parfois la fâcheuse tendance à se calquer sur le thermomètre. Par contre, mes deux zèbres ont l’air, eux, de s’adapter parfaitement à leur vie nomade.

Et là, c’est reparti. Je dois reconnaître que j’ai repris les chemins sur une première étape idéale. Celle dont rêve tous les chevaux et cavaliers. Je quitte Truinas (à une vingtaine de km de Montélimar) avec des conditions sublimes : des chevaux sont presque gras, une météo parfaite avec 0°C, grand soleil, ciel bleu, pas un nuage ni un pet de vent, un itinéraire superbe à travers de la montagne pas encore trop violente et le tout assaisonné d’un balisage équestre impeccable (Merci l’assoc’ « la Drome à cheval », elle est très efficace.)

Vous venez ? Je vais vous raconter.

Si je n’ai plus donné de nouvelles, il y avait deux raisons à cela. La première fait suite à mon précédent article, mes hôtes du moment ne voulaient pas que je parle d’eux bien que j’eusse pris (putain … vous vous rendez compte? : un subjonctif plus-que-parfait!) la précaution de masquer leurs photos et de changer leurs noms … en fait beaucoup de malentendus, je suis en train de pondre une nouvelle version de ce récit si fort. J’ai besoin de partager ma joie, besoin de montrer que l’enfer n’est décidément pas les autres! Mais sûrement sur un mode qui convienne à tous. D’où certaines lenteurs à la rédaction … certains doutes.

La deuxième raison est une banale histoire de confort et de plaisir, à Truinas (pas loin de Montélimar), j’ai trouvé un charmant couple de paysan qui tient un gîte que je vous recommande : « Les Toiles du Bruzon » de l’association « accueil paysan » et qui nous ont hébergé pendant un long moment. J’y ai travaillé, appris pas mal de chose … dont la tonte des brebis … et ai constaté que je pouvais laisser mes deux Compagnons en toute confiance à mes hôtes Jean-Luc et Pascale. J’en ai donc profité pour passer les fêtes avec mes enfants, amis et proches. En voyageant par la senecefeu. Là, vous comprendrez que je ne vous aie pas abreuvé de textes d’un très grand intérêt mais hors sujet! Pendant mes absences, mes deux Anges ont été tellement bien soignés – avec foin à volonté, svp – que j’ai dû envisager de rallonger leur sangle ventrale!

Avant ...

Pendant ...

Après

Après ...

Á Truinas j’ai surtout pris du bon temps : j’ai rattrapé un gros retard dans l’entretien de ma culture BD. Ils m’ont invité à profiter de leur riche bibliothèque … mais je vous conseille particulièrement leur table, elle est succulente, essentiellement bio et de leur propre production.


Sur un plan plus technique, j’ai même une troisième raison à mon silence blogatoire : je me suis offert (bonne fête Claude, tu l’as bien mérité) un nouvel ordinateur et j’ai passé beaucoup de temps à me convertir de la logique PC à celle de Mac … Pour mes pauvres méninges pas mal engourdies par le froid et la rigueur équestre, cette mission a été assez délicate … Merci au passage à mon fils Laurent qui, de son lointain Québec, du fond de sa patience et de son enthousiasme, m’a bien aidé dans cet exercice périlleux.

Sur ce, je suis donc à nouveau sur les chemins, exhibant fièrement mes rênes de pèlerin, à chercher … un peu moins fier … de quoi entreposer nos trois carcasses à l’abri du froid. Un mal de dos – heureusement rare – a décidé de voyager avec moi. De plus, il faut bien que je le reconnaisse, j’ai pas le courage de camper en cette douce saison … Oui, je l’avoue, je rêve d’un foyer douillet caressé par la douce chaleur d’une cheminée. Pour mes détracteurs, jaloux et autres je précise que je n’ai pas encore fantasmé sur la pipe, le cognac et les schloppas (*). J’ai beau m’être entraîné à subir les assauts du vent et de la froidure (voir mon article du 11 février 2010 et suivant ) mais je veille à aller actuellement de gîte en gîte pour trouver les hôtes qui nous abriteront et avec lesquels je pourrai avoir un lien assez confiant pour pouvoir échanger ma pension contre du travail non sonnant et non trébuchant. Et profiter d’un mode délicieux de rencontre.

Cochonaille en mode D. Hamilton

C’est dans ce cadre, en route, que j’ai pu participer au charcutage d’un énorme cochon … Très instructif … et quel régal que cette fameuse pause où on déguste le boudin avec vin et pain du terroir. Hé oui, cette tradition existe encore!

Á l’heure où je vous écrit je viens de passer 5 jours à me déplacer accompagné d’une météo hivernale mais clémente. J’ai rejoint un couple qui pourrait bien correspondre à mes attentes … Je suis très bien installé, avec un accueil délicieux dans un nouveau gîte près de Valdrôme à la ferme des Ganaos. Et j’espère pour plusieurs semaines. Là, je vous recommande encore cet endroit, on y mange bien et les chambres sont confortables. Son hôtesse, Martine, en me voyant papoter avec Pierre son homme, dit de nous :  “je sens que vous allez bien vous amuser les deux!” Pierre, est frustré de ne pas avoir un collier pour apprendre à Gamino à débarder du bois pour son chauffage. Je n’exclus pas qu’ils soit en train d’en chercher un!   Concernant mon dos, ce mal devait être parfaitement psycho-illogique: hier, j’ai eu une étape difficile, à 1200m, avec un gros vent parfois, une moyenne de -6°C (du -15°C ressenti), le tout de 9 h à 17h30, avec juste deux poses de 45′ pour les dos des bestioles et jusqu’à la tombée de la nuit … ben … mon mal de dos a presque disparu! Remarque je savais que j’aurais un toit et que nous pourrions rester un moment au chaud et en sécurité. P’t’être que c’est le besoin de mon corps … L’hiver ça sert bien à hiverner non?

A suivre donc!


PS: Un dernier truc, au moment où je publie, Pierre vient de dénicher un antique collier pour apprendre à Gamino le travail du débardage! Mmmmm, prions mes frères, pour que toutes ces très bonnes perspectives débouchent sur une réalité à la hauteur de mes espoirs!


(*) charentaises alsaciennes. Ben oui, quoi?

Bon ben on s'amuse comme on peut! ... Les quatre sculptures n'ont que deux mètres de haut ...