« Allo? Claude?

C’est Harmonie, tu vas bien ? » – «écoute, là, oui, le moral est très haut, répons-je, je suis encore chez Françoise, la proprio d’un gros élevage de Barbe-Arabe et je suis bien intégré et même mieux, j’y bosse à débourer une jument un peu … délicate. Et toi tu vas bien ? » – »Oui, répond la belle, là je vais bien, mes chevaux vont bien et je suis aussi en stand-by, je bosse pour me faire des ronds, je viens d’avoir une super nouvelle: tu sais, le merveilleux cheval dont je suis folle, que je veux acheter, ben je viens d’apprendre qu’il est à vendre! Tu te souviens il est en Irlande et je bosse à fond pour pouvoir l’acquérir! Je cherche à me séparer de Shahana, ma jument de voyage, celle qui s’entend bien avec Gamino, je ne pourrai pas garder tous ces chevaux! »

Gamino et Shahana ...

Là, il faut que je vous précise le contexte dans lequel j’étais avant de vous livrer la suite de cette conversation qui devrait être déterminante pour la suite de mon périple …

Shakti et moi continuons à nous bouffer le nez … M’apprêttant à partir rendre visite à mon fils au Québec et sachant qu’elle n’allait plus bosser avant un moment j’avais décidé de la déferrer. Elle a eu un mouvement de défense très brusque du postérieur, je lui ai fichu une claque sur la fesse – qu’elle n’a peut-être même pas sentie – mais pour laquelle je me suis déchiré un muscle du bras (j’ai encore un peu mal!). Or je venais déjà d’une grosse difficulté avec elle et dont j’ai parlé dans mon article précédent et par ce coup de fil j’apprends donc qu’Harmonie cherche à se séparer d’une de ses juments … je dirais que toutes les conditions sont réunies pour lire comme une évidence la suite de cet appel téléphonique : -« Hey, lui dis-je, mais actuellement Shakti, après de bien beaux progrés vient de me faire plusieurs grosses rechutes dans ses abîmes caractériels, j’ai pas encore digéré, j’ai mal. Nous en avions parlé plus ou moins en rigolant lors de nos trois semaines de voyage commnun l’an passé mais là, maintenant, je suis sérieux : … – « et si nous échangions nos deux juments? Tu es toujours aussi amoureuse de Shakti? » – « Quoi? Tu serais d’accord, me réponds la belle Harmonie, pour prendre Shahana? » –  « Oui »

Sarah, Shahana et votre clown préféré (ou du moins supposé préféré!)

Avec un drôle de noeud dans la gorge, en espèrant que cet échange sera le bon! Je sais ce que je perds … mais pas ce qui m’attend au bout de cette décision! Harmonie et moi, faisons le pari que nous avons tous les quatre a y gagner: Shakti est décidément bien peu enthousiaste pour le voyage mais bien plus à l’aise en carrière ou en spectacle, voire comme cheval-thérapeute – projet qu ‘a également Harmonie pour elle – d’autres part, Shahana n’éveille plus d’intérêt sentimental pour sa patronne mais s’entend bien avec Gamino et a du métier dans la grande randonnées et bien plus de pêche … j’en conclu que je ne prends pas de gros risques et que ce cas de figure est le meilleur que je puisse imaginer si je souhaite me séparer de Shakti au meilleur de ses intérêts et de celui de mon voyage … À suivre donc!

Shahana

 

Peu après ce coup de fil déterminant, je pars passer un moment chez ma Douce puis chez mon fils Laurent (celui par qui mes articles délicieux sont mis en ligne) au Québec. Là-bas, je le trouve  très bien installé, nous avons passé quinze jours plutôt délicieux avec sa Blonde avec toutefois deux ombres … Montréal est une énorme ville hyper accueillante et humaine … mais reste une ville … et je ne supporte plus trop d’être si loin de la nature … et Brigitte et moi avons rencontré suffisament de difficultés pour que mon cap hivernal vers son petit nid accueillant passe du stade de phare lumineux à celui de point d’interrogation noyé dans la brume. Tout mon voyage reprend les couleurs de l’hiver dernier: tout est ouvert, mais mes confortables certitudes sont quelque peu vacillantes …

Laurent et moi au Québec sur le "Vague-à-Bond"

 

Malgré des moments de gros doutes, j’ai touché un profond soulagement au rappel d’une voie suggérée par le livre « L’Effort et la Grâce » d’Yvan Amar qui accompagne mes méditations depuis cet hiver: devenir le disciple de la douleur qui m’envahit, plutôt que d’en devenir la victime. Mais là, tout récemment, j’ai pu trouver beaucoup de réconfort au rappel de la bénédiction que m’avait offerte ma maison au moment de mon départ, celle-ci m’a «dit» … d’aller en paix. J’ai hésité à mettre des guillemets autour de «« dit»». Je sais que je vais en surprendre quelques-uns, je n’ai pas encore parlé de cela, mais, en ces temps de bouleversements, je reviens à ce que m’a offert ma maison: « Va en Paix » … un précieux repère qui revient me soutenir dans cette période de turbulences … cette invitation n’était pas une parole extérieure physique que j’ai entendue pas plus qu’une pensée intérieure mentale … non, une bénédiction, trois mots silencieux mais clairs, extérieurs, une parole sourde, totalement présente qui m’a surprise par sa précision à tel point que, physiquement ébranlé, je me suis rétourné pour vérifier que j’étais bien seul dans ma  maison vide que je saluais en la quittant …

… «Va en Paix» …

 

Ce chemin est le bon … il est merveilleux la plupart du temps … mais parfois, boudiou … qu’il est dur!

 

Shakti, Harmonie en toute splendeur