Ouuuuh, là ça devient dur !À l’instant où je démarre cette nouvelle page, … disons – en un doux euphémisme – que je ne vais pas vraiment bien. Je prévoyais dans mon précédent article de probables bouleversements … hé bien ils se confirment mais sont bien plus importants que je ne le souhaitais. Non seulement je vis les changements dont j’ai parlé, mais en plus Gamino vient d’en prendre plein la tronche et j’ai peur. Même si, par des voies peu rationnelles, mon Ange à crinière m’a bien précisé que je pouvais lui faire confiance et qu’il assurait!

Le film de la galère …

Jeudi 4, de retour de trois semaines de parenthèses touristico-familiales alsaco-bourguignono-québéquoises, je brûle de repartir sur les chemins de France et de Navarre et m’empresse de faire l’échange Shahana/Shakti, choix délicat maintenant arrêté ise après un mois de recul et de maturation. J’embarque Shakti et Gamino (bon gros garant du déroulement serein de l’opération) puis retrouve avec émotion et tendresse Harmonie et ses Crinières dont la Shahana attendue. J’installe Shakti sans problème avec ses nouveaux équipiers et emmène en fin de journée Shahana vers la camionnette qui nous a amenés … Gamino embarque sans le moindre problème («  Frrrh! … évidemment et faut-il le préciser? ») … mais voit Shahana refuser de monter! Malheur, impossible de la placer dans le camion, nous faisons l’erreur de tenter de l’embarquer alors que nous n’avons qu’une marge de temps très faible, Françoise m’ayant prêté ce véhicule sous réserve que je rentre avant 17h … Et ce genre de stress n’est pas du tout compatible avec le besoin de confiance nécessaire à un embarquement calme et efficace. Je décide de ne pas forcer, nous repartons Gamino et moi … la queue basse, pas mal frustrés, sans Shahana.

Shahana - un peu princesse sur les bords

Rebelote (sans dix de der) le dimanche qui suit, je retourne vers Chabeuil chercher la Belle … qui finit au bout de trois quart d’heure de négociation laborieuse par accepter de rentrer dans le monstre mécanique qui lui fait tant peur. Gamino est tout content de voir arriver sa nouvelle équipière, beaucoup de câlins et peu de chamailleries donnent le la de ces retrouvailles. Super.

Pour la petite histoire, prétentieux que nous sommes, Harmonie et moi, n’avions pas pensé nous servir d’une quelconque friandise pour la motiver à monter dans le camion. Deux jours plus tard, à titre d’entraînement je remets ça mais la Belle est montée en moins d’une minute (chrono) en suivant une ribambelle conséquente de quignons de pain.

Toutes les mêmes, j’vous l’dis!

 

La suite est nettement moins drôle … Lundi 8 je trouve une petite croute grosse comme un pièce de 10 centimes sur le paturon avant droit de mon bon vétéran. Il me semble qu’il l’avait déjà la veille. Jusque là, pas de problème, il a dû se blesser dans une broussaille quelconque.

Le lendemain, prévoyant le départ de mon voyage imminent, je les fais ferrer et là, bizarrerie … je constate que la croute s’est transformée en tache noire pas vraiment ragoutante qui a la dimension de nos vieilles pièces de cinq francs. Entourée d’une auréole rouge … Ah?  Zut, v’là aut’chose. Le maréchal-ferrant soupçonne une sorte d’abcès dû au surpoids … Ah? Gamino a bien profité de son séjour pépère chez Françoise qui nous accueille encore à ce jour … mais quand même, je reste sceptique tout en demandant à Claude – la maman – de ne plus lui mettre son complément de foin. C’est vrai qu’il n’a jamais été aussi bien portant.

Suite aux conseils kinésiologiques prodigués par Valérie – magnétiseuse – qui suit les chevaux de Françoise, je le soigne façon grand-mère afin de désinfecter et faire sècher ce qui est devenu mercredi matin une plaie purulente. Elle augmente encore de taille. Pire, Gamino boite et a de la fièvre. Françoise reconnaît la plaie, a déjà eu ce genre de cas. Je n’avais jamais entendu parlé de … photo-sensibilisation. Il s’agit d’une sorte de grave allergie au soleil, provoquée par le contact de certaine plante. Laquelle? Ce pourrait bien être le millepertuis, plante ayant pas mal de vertus curatives mais dans ce cas … pourrait bien être source d’effets désastreux.

Le lendemain : plus de 40°C de fièvre, Gamino se couche devant moi et finit par poser sa tête sur mes cuisses et en profite pour s’endormir dans le nid de confiance que je peux lui offrir. Émotion rare, j’en reste à lui faire confiance à lui aussi. M’enfin je suis loin d’être serein. Seul soutien: cette photo-sensibilisation apparaitrait aussi vite qu’elle disparaitrait. Ok, vendredi la fièvre diminue un peu et je continue à le soigner, entre autres en le maintenant à l’ombre.

Encore deux jours qui passent, la fièvre et la boiterie ont diminué, par contre la tache s’est encore étendue. Merdre. Je suis perplexe, mais Gamino retrouve son allant et sa bonne pêche, mieux il demande même à faire une courte balade avec Shahana.

Le lendemain: catastrophe, et là je panique: la tâche noire, maintenant longue d’une bonne dizaine de centimètres, large de cinq et épaisse d’un centimètre, s’est détachée, pendouille lamentablement à une dernière minuscule touffe de poil, découvrant la chair à vif sur presque tout un côté du paturon, l’os est tout près. L’horreur. Pour ceux qui ont le coeur bien accroché, vous pourrez vous faire une idée en cliquant ici … je n’ai pas voulu publier cette saloperie sans précaution.

 

Panique, j’appelle Françoise et Claude dont le regard stupéfait ajoute encore un solide cran à mon affolement. Malgré des décennies d’expériences avec des centaines et des centaines de chevaux elles n’avaient jamais vu une telle évolution. Gamino … lui est de plus en plus en forme! Son moral est le seul élément qui me rassure. Appel … un 15 août … d’un vétérinaire qui nous donne ses conseils téléphoniques et vient de passer ce matin. Lui aussi a écarquillé les yeux, il était persuadé qu’il s’agissait de la conséquence d’un barbelé ou d’une cause mécanique. Je compare cette plaie à celle provoquée par la morsure d’un fauve.

Le vétérinaire reste stoïque, recommande un désinfectant pendant quinze jours, puis … du miel pour cicatriser. Pendant au minimum trois mois …

 

Alors maintenant … je fais quoi? Il n’est pas question de voyager tant que cette plaie restera dans cet état, mes hôtesses restent toujours aussi adorables et accueillantes … mais je ne veux quand même pas abuser … et garde une solide envie de tailler la route. Remarquez, là, pour ce coup je frime pas mal … ce matin, en nu-pied, je viens de me faire marcher sur le bout de mes orteils par un Gamino (ferré, je vous le rappelle) qui venait de se faire bousculer par Shahana … J’en ai hurlé de douleur. Le genre de journée à rester coucher, à rentrer la tête dans les épaules, attendre que ça passe en se nourrissant de tous les excellents et si nombreux souvenirs de joies antérieures.

 

Voilà à ce jour une semaine d’écoulée depuis le début de la rédaction de cet article, Gamino a un très bon moral et en a marre de rester enfermé à l’ombre. Par contre, deux nouveaux foyers d’allergie/infection se sont déclarés, l’un au paturon gauche, celui-ci reste limité, mais le deuxième me fait encore plus peur, il est sur la couronne, c’est là que nait la corne du sabot. Le véto qui n’a jamais vu une telle infection, ne comprend pas, m’annonce que ce pourrait alors être fatal si l’on arrête pas ces bactéries. De mon côté, je perds l’ongle de mon orteil.

 

Encore une semaine plus tard, au moment où je termine cet article, les trois plaies sont en légère voie de cicatrisation et m’autorisent un peu à sourire. Toujours pour les courageux, vous pouvez cliquer pour voir où nous en sommes. Je veux terminer cet article sinistre sur deux très belles images. Celle de deux animaux infirmiers.

Shahana a eu – me semble-t-il – un bien beau rôle. Non seulement elle s’est montrée câline la plupart du temps avec mon malade, mais je l’ai aperçue plusieurs fois pousser Gamino fiévreux sur une grande distance et j’ai eu la nette impression qu’elle le faisait marcher. À rappeler que l’on dit que les chevaux ont cinq coeurs, celui qui est similaire au nôtre, mais les pieds et leurs vascularisations et surtout la souplesse des sabots font que ces derniers activent la circulation du sang dans les membres. Ce qui ne peut qu’améliorer sa situation en bougeant.

bien belle solidarité!

Mais la plus belle image arrive: Uïa, une des chiennes de la maison s’est approchée un moment du pied sanguinolent de mon Vétéran et s’est mise à lécher consciencieusement cette infection, j’ai laissé faire ayant déjà entendu dire que ces mouvements instinctifs étaient des réflexes de soins. Et effectivement le pied de mon Potes a montré des nettes améliorations après cette « opération »! Je l’ai invitée plusieurs fois à faire son nettoyage, chaque fois j’ai repéré des améliorations … hélas Gamino, a fait un écart sur le pied de la douce infirmière … qui a été par la suite quelque peu refroidie dans ses élans …

Voilà voilà où j’en suis, j’ai quand même trouvé un bien bel intérêt à cette tempête. Gamino m’a confié que c’était sa volonté de nous immobiliser et je profite de ce temps pour apprivoiser le caractère de la belle Shahana sans stress … et réciproquement … Ainsi nous faisons chaque jour de beaux progrès en vue de repartir avec une nouvelle équipe cohérente et prête pour de nouvelles aventures à vous raconter!!!

 

Dites-moi que cela va arriver tout bientôt!

Shahana Gamino, la nouvelle équipe ... qui va gagner?