Il y a peu de temps,

Ouuuh le joli collier ...

dans un précédent article, je vous avais dit que Pierrot, mon charmant hôte chez qui j’hiberne, était tout feu tout flamme en découvrant Gamino … (ben oui Shakti : Pierrot, c’est le côté massif et costaud de ton compère qui l’attire …) et surtout, avait hâte de me voir enfiler à mon pote un antique collier qu’il avait déniché chez un vieux voisin. Ben, ça y est je viens de le faire. Ce dimanche matin, il vient de neiger, Pierrot m’a l’air toujours aussi enthousiaste … alors hop, je file tirer Gamino de son pré où il finit de savourer le foin gras du postier (hé oui, ce monsieur a deux métiers).


Pierrot et moi ajustons et bricolons un harnachement sommaire et hop, Gamino, bouge pas, va falloir que tu bosses. «Frrrrrrrhh! allez, qu’est que tu m’mets encore autour du cou, j’étais pas si mal, moi, avec la teigne de Shakti, à terminer mon petit dèj’; hé hey … et ces chaînes que tu attaches, c’est quoi? »

Chasse-neige écolo

« Alleeeeeez … Gamino! le rassure-je, t’inquiètes, on va y aller progressivement …  – Ah? » Mon bon Gamino rouspète un peu quand je lui passe le collier. C’est vrai qu’il n’y voit plus rien un petit instant … J’ai essayé plus tard avec Shakti, elle a eu un réflexe normal de cheval ne connaissant pas cet instrument : elle s’est cabrée et je n’ai pas osé lui enfiler entièrement cette redoutable bouche qui l’avalait toute crue … un collier c’est trèèèèès dangereux, c’est bien connu et ça bouffe toute entière les pôvres et innocentes juments …


Amis lecteurs et lectrices (là, je mets intentionnellement lectrices en deuxième, Brigitte ma très tendre et très douce compagne m’a fielleusement fait remarquer récemment que les commentaires dont vous me gratifiez avec tant de générosité, sont signés le plus souvent par des prénoms féminins … alors les mecs, au boulot, à vos claviers ou alors, les nanas, je vous autorise … exceptionnellement … à signer vos commentaires par le pseudo Albert, Germain ou Chrisostome et je vous comuniquerai une adresse discrète où nous rétablirons les identités véritables) … ouuuuh,là, là, après relecture de cet aparté, je pense que la moquette qu’on m’a proposée de fumer hier soir à la mairie lors d’une soirée belote/scrabble n’était pas de toute première qualité.

Village déneigé par nos soins



Revenons à nos moutons … Amis 1)lecteurs et 2)lectrices, disais-je donc, il faut quand même que je précise un truc fondamental dans notre démarche d’apprentissage au remorquage: ni Gamino ni moi n’avons fait un jour ce genre de travail et à priori, cela nécessite de longues heures de patience et de doigté pour apprendre au cheval et au cavalier les ruses de la traction animale. A préciser aussi que je ne veux pas (du moins pas encore) atteler mon vieux pote à une quelconque cariole car j’ai tout bêtement(?) encore la trouille. J’ai vu un jour une paire de bons gros et lourds comtois terrorisés traverser un pré au galop, avec une calèche vide et folle aux fesses. Plus personne pour les retenir ni les calmer. C’est particulièrement impressionnant! Pour corser le tout cela se passait lors d’une fête équestre mais, chance énorme, malgré la présence de public, les seuls dégâts à déplorer ont été le timon en feraille de plus de 10 cm de diamètre plié en deux, une aile et une porte de bagnole enfoncées …

P’t’être que j’ai pas tort d’avoir la trouille.

Revenons – une nouvelle fois – à nos moutons. Amis 1)lecteurs et 2)lectrices, disais-je donc, Gamino est maintenant calme et serein avec son harnachement.  Hop, un premier essai avec un vieux pneu à traîner. Gamino s’est un peu emmêlé les pinceaux dans les traits mais sans s’énerver, le succès est complet. Je n’étais même pas sûr que nous arriverions à ce stade! Encouragé par la quasi légendaire bonne volonté de mon Pote, je continue … Pierrot et moi attachons le chasse-neige au palonnier … J’ai mis des photos pour ne pas vous imposer un suspense intolérable … mais ouiiii! : ces photos l’attestent, Gamino continue à me montrer son incroyable confiance, nous commençons un premier essai sur la placette du village et malgré le bruit du gravier sous le chasse-neige, tout se passe comme si Gamino avait fait ça toute sa vie! – »M’enfin, dit-il t’arrête de me prendre pour une brêle, c’est tout con c’qu’tu m’demandes! Y a juste que j’aimerais bien que la Shakti soit dans le coin et pour le reste, ton histoire de machin en planche râclant et bruyant à traîner: c’est les doigts dans l’nez sabots dans les naseaux … Frrrrrrh … »

Hé oui, amis lecteurs, du plaisir à l’état pur! Et pourquoi s’arrêter à la placette? Mon Cantonnier municipal ne montrant pas un soupçon de lassitude ou d’inquiétude, nous voilà partis à déneiger tout le village! Ah, oui, je dis bien tout le village! M’enfin faut dire qu’il a un maire, 9 conseillers municipaux et 30 votants … et qu’il est tout petit. Seule concession à la sécurité, je ne l’ai pas conduit depuis l’arrière mais suis resté à ses côtés en le tenant par sa longe. J’ai tout de même tenté de tout lâcher et de le conduire à la voix comme il sait l’accepter parfois. Mais là comme vous le voyez sur une des photos: la trajectoire a un peu foiré …

bon on va pas en faire un caca nerveux de cette sinusoïde



Bon, sur ce si beau résultat, je vous laisse, c’est que j’ai encore à savourer cette évidence et à rêver à d’autres usages de cette si grande facilité d’adaptation de mon Gamino à moi.


Amis lecteurs, lectrices et moutons (il y en a pas mal dans cet article), je vous salue et vous dis : « à bientôt pour de nouvelles aventures! »

ChatS-neige