/// Clins d’oeil. Quatre ans plus tard, nous passons tout près du lieu de notre ensablement en 2006, sur la photo les Comtois de cette année (1ère photo) n’y sont plus,mais les pancartes si! Pas dans le même état, oui, mais elles sont bien là!

Un peu plus loin, ce 5 novembre, sur une crête des contreforts du Vercors, au dessus de Crest, mes chevaux ont l’air d’en baver, n’avancent pas, et sont trempés de sueur .. Ah? Pourtant cette étape n’est pas bien difficile, magnifique et nous n’avons pas quatre heures de pédalage dans les sabots. Bref, je ne comprends pas! – « Hé banane! me dit mon élégant Vétéran, d’accord tu marches et ne sues pas mais toi t’es en bras de chemise! Essaye donc d’enlever notre poil d’hiver, j’ai pas encore trouvé les boutons pour aérer! » Oups … un détail que j’avais oublié … je regarde mon petit thermomètre (électronique et à affichage digital svp!) … 24°C … en novembre et en moyenne montagne! A peine croyable! Sachant que Gamino, avec son poil ras en été, ne supporte pas plus de 30°C. Je finis donc par compatir, mes demandes réduire et surtout ralentir … – « Frrrrh, et nous … de ne pas rotir! »

/// Déboires.

Ce même jour, en fin d’après midi, j’arrive au centre équestre du domaine des Pialoux. Je suis bouche bée … Gigantesque, je n’en avais jamais vu d’aussi grand … une centaine de chevaux, des hectares de parcs superbes, des carrières en veux-tu, en voilà, des parcours de sauts d’obstacles prestigieux et flambants neuf. Hervé, son propriétaire, sourit à mon étonnement mais aussi à la description de ma démarche de nomade …

Je souhaite faire étape chez lui. Je lui demande un coin pour ma tente et pour mes chevaux. – « Aïe, ça va pas être possible, me répond-il, je n’ai pas de place et même pas de foin … » Ah … du haut de mes 7000km de voyage, je n’ai connu jusqu’ici qu’un refus de la part d’un centre équestre, j’y ai parfois été reçu du bout des lèvres, mais toujours avec un minimum équin assuré!

Je n’ai jamais su si son sourire était admiratif ou … méprisant …

Apparemment même le monde du cheval connait ses usines … ce capitaine d’industrie me donne quand même une adresse en m’envoyant au Poney-club l’Okapi, j’y serai très bien reçu. Avec Noëlle sa propriétaire, nous nous trouverons,émus, des connaissances communes du côté de Luz-la-Croix-Haute dans le Vercors.

En parlant rejet, j’ai connu peu de temps après le même déboire près de Grâne, aux Amanins, centre d’accueil et de formation à l’écologie (à prétention humaniste) créé par la fille de Pierre Rabhi. Mais là, quand je suis arrivé, il faisait nuit et il pleuvait! 55 ha, pas de place pour deux chevaux et pas possible de leur acheter une dizaine de kilos de foin sur les tonnes qu’ils avaient … très moyen comme hospitalité. Une histoire d’assurance avec des enfants qui viennent le lendemain … Va falloir que je fasse un jour un article sur la prise de pouvoir des assurances. Et la frilosité qui y est accrochée.

Remarque cette difficulté m’a permis de faire la connaissance d’une grânienne qui m’a accompagné jusqu’à un camping proche puis invité à manger bien tard le soir! Merci Anne, Merci Jacques!

///Retrouvailles.

Le lendemain la météo est à nouveau très belle. Les arbres ont maintenant leurs magnifiques couleurs d’automne, ils jouent à qui épanouira les plus belles palettes des jaunes d’or aux rouges sang. Le moral est en harmonie avec l’environnent. Une petite pointe quand même, en parlant h/Harmonie … je n’ai plus de nouvelles d’elle et je fantasme sur son sort. Il manque un élément à toute cette symphonie.

Oh? Un troupeau de mouton, attention, il est en liberté, un berger et son chien me tournent le dos … Je les appelle pour éviter que ma caravane ne fiche la pagaille au milieu des bêlants … – « hé! Mais je vous connais » me dit cette image d’Épinal  – « Ah? Ben v’là aut’chose! » répond-je fort courtoisement. – « Mais oui, vous avez dormi chez moi il y a quelques années! » – « Ouiiii, je me souviens maintenant, vous êtes prof d’histoire-géo et vous m’aviez expliqué le coup du synclinal inversé! (voir mon clin d’oeil de frime p. 75 de mon merveilleux livre « J’en ai parlé à mon cheval… Tome de sa voie» … faut bien que j’laisse un p’tit coup de pub par-ci par là!).  S’en suit bien entendu une discussion-retrouvailles avec ce jeune retraité. Je suis tout déçu d’abréger un peu car pour une fois je suis attendu: j’ai réservé au « Mas de l’âne » quelques jours afin d’y recevoir ma Brigitte avec tous les honneurs dus à son rang … Faut choisir entre liberté et sécurité!

Au revoir et bonne route à Vous aussi!