///// Latcho Drom Mmmmmh, au départ de Roybon, lors de quelques courses au village, une vielle voiture passe lentement devant nous, le passager, un ado, nous offre un pouce tendu vers le haut assorti d’un sourire complice et fasciné. Auquel je réponds. La guimbarde s’arrête.

Les quatre Crinières au vent ... et aux nuages

La femme qui conduit nous sourit aussi et demande :- « vous êtes sur les routes depuis longtemps? » … – « cinq mois madame! Mais dites-moi, il me semble que vous aussi? » La femme, assez typée, me répond avec un sourire encore plus large :- « Oh que oui, nous sommes gens du voyage, manouches! ».

Ils sortent de leur voiture et nous échangeons nos enthousiasmes et nos difficultés pendant un long moment. Le jeune garçon et particulièrement attentif, il aimerait bien partir comme nous avec des chevaux et des chiens!

Grand Merci à vous, je reçois cet accueil comme une bénédiction, une reconnaissance de votre peuple, et j’en suis très touché! En espérant que c’est du manouche, je leur souhaite « Latcho Drom », le  buen Camino des gitans de mon voyage à St Jacques.

///// Lumière dans un monastère de Trappistine.

Un peu plus loin, ce même jour, au sortir d’une forêt, apparaît une grande église isolée cernée de verger, de pré et d’une longue haie de buis. Un monastère parfaitement entretenu. La journée se termine. Malgré notre très mauvaise expérience de cet hiver, (lire au début du blog), cet accueil si mauvais où d’épouvantables « bonnes » soeurs n’ont pas voulu nous donner de l’eau en plein hiver à la nuit tombante, nous frappons à la porte de cette bâtisse séculaire. Un premier truc m’interpelle : la porte est grande ouverte et il faut rentrer franchement à l’intérieur de la cour pour se signaler. Rien à voir avec les gigantesques murs et les caméras du couvent St Marc près de Colmar. Je laisse – un peu calculateur – le sourire d’Harmonie partir en éclaireur. Réponse-sourire d’un moine à la barbe gigantesque. C’est « l’homme » de la maison, il fait office de portier. Il va demander l’autorisation à la sœur en chef. – « Pas de problème, vous pouvez vous installer sur ce grand pré, là juste à l’entrée. Et même, si vous le souhaitez, les toilettes pour handicapés ont de l’eau chaude … vous pouvez vous en servir pour vous débarbouiller » Ouaaaah, super, rien à voir avec notre malheureuse expérience! Nous passons la soirée avec – surprise – Michel qui vient nous rejoindre, chanter et jouer de la guitare pour nous … en nous précisant qu’il est nul, chante mal, a une guitare-casserole, etc … bref en traînant avec lui un bien lourd contentieux de déprime … Michel, arrête de m’emmerder avec tes auto-jugements si négatifs : j’ai adoré la soirée que tu nous as offert! Le lendemain matin, nous souhaitons assister à l’office de prière des Trappistines. Moyenne d’âge approximative 70 ans, ambiance très confidentielle, pas de chant, pas de lumière dans les yeux … tout ce que je déteste dans ce genre d’assemblée … Je n’avais plus assisté à une messe depuis …. ouuuuuuh très longtemps … et pourtant, une magie s’opère, je suis bouleversé, un peu de la même manière qu’en mettant les pieds dans la basilique de Vézelay. Je dois corriger un peu ma description : le prêtre qui célèbre la cérémonie rayonne quelque chose qui me donne envie de le voir. La rencontre est brève et à la question lancinante de ma place dans ce monde avec ma charge de tempêtes spirituelles, il m’offre le témoignage de ses difficultés de moine. Un long moment il pose sa main gauche sur son front. Je reçois son geste comme un besoin de nourrir une réponse cérébrale. Je lui dis que je n’ai peut-être pas besoin de mots. Il me regarde et me sourit, ne dit plus grand chose, je lui dit que la bienveillance, la douceur et la tolérance que je trouve dans ses yeux me suffisent amplement. Dites-moi que le coup de l’index accusateur accompagné de trois doigts pointés vers soi ou que le coup de la paille et de la poutre, ben … ça marche aussi pour les « bonnes » projections … Merci Patrice pour la lumière de ton regard. Bisous à Vous …

Jusque là, c'est impressionnant, mais ça passe bien.

///// Entrée dans la Drôme.

bon d'accord, on va pas vite ... mais on avance!

Ah Ouais ... et là on passe comment? Surtout que je vous rappelle que nous avons aussi une voiture qui nous colle aux fesses ...

Pour cette troisième miette d’étoile … juste un petit commentaire aux photos … Je suis très ému de traverser ce pont, il franchit l’Isère (rivière) et il nous ouvre les portes de la Drôme (le 26). Je garde un très bon souvenir de ce département mais surtout, j’ai reconnu cette grosse passerelle, je l’avais traversée il y a plus de quatre ans et elloe correspondait au début de beaucoup de bonheur. Je dois aussi confesser que je m’amuse fort de la joyeuse pagaille provoquée par la non-synchronisation à notre lenteur des feux tricolores qui régissent les passages alternatifs des véhicules sur cette voie unique. Toute une file de voitures pressées a dû faire marche arrière! Le soleil doux et inattendu de cette fin de journée aide beaucoup à la bonne humeur du moment!

cow-boy pas si lonesome