Coup de poignard. Aïïïe … m…..iel … un truc bizarre, début mai, je suis sur le départ pour une délicieuse étape à Grimone (pas loin de Lus-la-Croix-Haute dans la Drôme) et en me penchant vers une de mes caisses de bât – aïïïe, mon dos – une douleur brutale me transperce les reins. Jamais eu un truc de ce genre aussi violent. Et je ne soulevais rien. Ah? M … Diantre! Ça c’est pas cool …, je suis en train de préparer mes Deux et ce coup m’immobilise brutalement. Dur, dur. Je pars ou je reste? Faut dire que c’est tentant. Je viens d’un mini séjour délicieux avec Brigitte, elle est repartie il y a juste une petite heure et v’là c’t’horreur qui me tombe sur le … dos. Je fais quoi? J’ai du mal à marcher. J’attends un peu, les chevaux à moitié prêts attendent dehors. Ça passe un peu.

Du bonheur des montagnes ...

 

La Terriade et sa bande.

Je viens de saluer David qui a accueilli mes Voraces sur son pré et il m’invite pour son festival qui a lieu samedi prochain … encore trois jours en gîte? C’est trop, j’ai trop besoin de « caminer ». Pourtant David et sa bande sont ultra sympas. Incroyablement efficaces dans un style tout aussi incroyablement détendu. Ils sont une dizaine à avoir créé un collectif agricole et d’accueil – La Terriade – où ils partagent presque tout. Trente ans en moyenne, trois ans qu’ils tiennent. Ils nous ont invités, Brigitte et moi un soir et malgré leur jeune expérience, je les trouve à la fois très décontractés tout en étant très rigoureux. Ludivine, adorable future maman me précise quand même que c’est une vigilance de tous les jours, rien n’est acquis. Amar, sourire éclatant, s’occupe des ruches et m’explique un peu leur fonctionnement. Associés, quelques uns ont investi leur argent dans les bâtiments, propres et en très bon état, les autres reversent un loyer. Et chacun, vaque soit à ses propres activités, soit aux travaux communs. Pas d’alcool, pas de produits illicites, pas de tabac dans la maison. Au moment où je m’apprête à partir, je suis salué par un diable tout rouge de corps et de visage, aux oreilles pointues et démesurées, il s’apprête à faire de la pub au marché de Die pour leur manifestation.

Et là au milieu de ces merveilleux utopistes aux pieds sur terre, je ne sais pas trop quoi faire du poignard qui reste fiché dans mon dos et de mon envie de nature.

 

Les Sucettes de Bornes.

Je pars quand même. Le massage dû au mouvement lent du dos de Shakti me fait beaucoup de bien. Les paysages sont somptueux, la confiance revient. Deux heures plus tard, j’arrive aux « Sucettes de Bornes », impressionnantes élévations de plaques sédimentaires verticales bousculées par la poussée des Alpes.

Sous Shakti les Sucettes mais pas la plage ..

 

Je reste baba (mais pas cool avec mon doux dos douteux) devant ces immenses “sucettes » dans cet écrin d’herbe de tout premier choix … – »allez, assez rigolé, me dit Shakti on t’a supporté, soigné, massé alors maintenant c’est notre pause ! Ok? »Ok!

Sucettes de Bornes p't'être qu'elles sont pas à lécher ...

 

Douleurs et Bonheurs

 

Petit casse-croute dans un paradis de montagne et de verdure. Je m’écroule pour une bonne heure de sieste en espérant que ce repos au soleil me fera du bien. Raté: me lever est un supplice épouvantable, j’ai besoin d’une longe pour me soulever et d’une caisse pour me soutenir vers un semblant de position verticale. Douloureux et laborieux. Très. Légère panique, je fais quoi si ce mal empire? Seul en pleine montagne, (et sans réseau téléphonique, bien entendu!). Tiens ? … deux promeneurs, ils sont rares. Je sais qu’il y a un refuge tout près et leur explique mon problème. Hélas ils pensent qu’il n’y a pas d’herbe là-haut. Que des cailloux. J’envisage de bivouaquer sur place. – »Vous voulez que je vous aide ? me dit Régine, adorable sexagénaire toute menu au regard pétillant, je suis assidue de yoga et je connais des mouvements qui pourraient vous soulager »  – « Ah?, … ?? … bon, ben … on essaye! »

Et ça marche ...

. Et me voilà à m’initier aux mouvements qui pourront peut-être m’aider. Shakti nous regarde, j’ai peur qu’elle n’éclate de rire tant la situation est cocasse et qu’elle ne me fasse plus confiance si elle me voit dans ces postures … et pourtant, je sens un réel soulagement! Nous sympathisons, Régine et Bruno pratiquent cette discipline et nous échangeons nos expériences après ma séance de soins … plutôt efficace: au moment où j’écris, ils sont partis, j’ai décidé de rester dans ce paradis en admettant que je pourrai me reposer … et que ça passera! A suivre…

 

La suite, la suite ? Ben, c’est bien simple … la leçon de yoga a dû servir, non seulement j’ai mieux dormi que d’habitude dans ma tente, mais en plus je n’ai presque plus mal! D’autant plus spectaculaire que ces maux sont assez rares chez moi, plutôt clairement liés à un problème psychologique, mais surtout … ils duraient plusieurs jours et restaient très handicapants … Gros soulagement … M’enfin je reste vigilant …

Shakti arrive même à garder son sérieux!

 

 

Surprise arrivée dans ma boîte aux lettres virtuelle quelques jours plus tard: en plus d’être prof de yoga, Régine écrit des poèmes, elle accepte que je partage avec vous celui qu’elle m’a offert!

 

« Un petit rien autour d’un tour de rein,

D’une ambiance cheval à une ambiance yoga,

Point d’obstacle entre un Semeur de Rêves et une Mamiepassy.

Juste une question de remise en forme… en changeant de monture.

Une invitation à partager une même respiration ample et généreuse,

En accompagnement d’une gestuelle d’étirements tout animale et instinctive.

Devenir chat quelques instants, faire sienne sa souplesse toute câline et féline.

Le chien aussi est un bon maître: du flair, encore plus de flair dans nos choix de vie !!!

Mouvement de la bielle, sans rouler des mécaniques,

Mouliner…mouliner…mouliner encore…

Peines et joies, angoisses et désirs….

Retrouver confiance, harmonie et sérénité.

Terminer par une salutation au soleil,

Elan de gratitude à la vie, avant de partager un thé.

Aborder les rivages de l’écriture,

D’un récit de voyage, tissé au fil d’or des rencontres.

Vie éprise de liberté dans une nature sauvage et changeante.

Partager un espace de silence qui devient langage,

Pénétrer une parole qui invite au silence.

Ensemble, trouver le “La” de cet instant magique.

Et poursuivre chacun sa route avec un peu plus de richesse au coeur.

A bientôt dans d’autres lieux, Gentil Semeur de Rêves,

Mon nouvel Ami,

Chevauche ta belle monture à la robe claire comme ton Ame,

Au coeur du Vercors, ou bien ailleurs.

Longue Vie à toi et à tes écrits.

Merci pour ce bel après-midi.

De la part de Mamiepassy, une moissonneuse de rêves…

http://mamiepassy.skyrock.com/ »